Bangkok, le 10 décembre 2025 – L’armée royale thaïlandaise (RTA) a publié mercredi un communiqué de presse aux termes fermes accusant le Premier ministre cambodgien Hun Sen de « déformer les faits » concernant un récent échange de tirs le long de la frontière thaïlando-cambodgienne contestée, affirmant que les troupes cambodgiennes ont tiré les premières et ont violé un accord de cessez-le-feu existant.
Le communiqué, publié sur les réseaux sociaux officiels de la RTA avec les hashtags #PeaceBeginsWithTruth et #TruthFromThailand, déclarait :
« Le Cambodge a rompu le cessez-le-feu en premier. »
La Thaïlande se réserve le droit de riposter.
L'Autorité thaïlandaise des transports (RTA) affirme que les 8 et 9 décembre 2025, des soldats cambodgiens ont ouvert le feu sur des unités de patrouille frontalière thaïlandaises à proximité du temple de Preah Vihear (Phra Viharn en thaï) ou dans des zones contestées voisines des provinces de Surin/Sisaket, ce qui a incité les troupes thaïlandaises à riposter en état de légitime défense.
La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge est une source de tensions récurrentes depuis 2008, date à laquelle l'UNESCO a inscrit le temple de Preah Vihear, datant du XIe siècle, au patrimoine mondial cambodgien, ravivant un différend territorial portant sur environ 4.6 km² de terres environnantes. La Cour internationale de Justice (CIJ) a statué en 1962 que le temple lui-même appartient au Cambodge, sans toutefois délimiter la zone du promontoire qui l'entoure. Une interprétation de la CIJ de 2013 a précisé que le Cambodge exerce sa souveraineté sur la majeure partie du promontoire, bien que les deux pays revendiquent des territoires qui se chevauchent sur les zones de broussailles adjacentes. Par ailleurs, la Thaïlande ne reconnaît pas officiellement la Cour.
De violents combats ont éclaté en 2011, faisant des dizaines de morts dans les deux camps avant qu'un cessez-le-feu de facto ne soit instauré. Depuis, des échanges de tirs d'armes légères, des renforcements de troupes et des tensions diplomatiques se sont produits sporadiquement, généralement contenus par des pourparlers bilatéraux ou la médiation de l'ASEAN.
Le 9 décembre, l'ancien homme fort du Cambodge et actuel président du Sénat, Hun Sen (qui conserve une influence considérable malgré la fonction de Premier ministre de son fils, Hun Manet), a publié sur sa page Facebook un message accusant les troupes thaïlandaises d'avoir déclenché les hostilités et avertissant que le Cambodge « répondra de manière proportionnée si la Thaïlande poursuit ses provocations ». Les porte-parole du gouvernement cambodgien ont repris ces propos, affirmant que des soldats thaïlandais avaient pénétré en territoire cambodgien.
Dans un communiqué publié mercredi, l'armée thaïlandaise a réfuté catégoriquement la version des faits de Hun Sen, insistant sur le fait que les troupes thaïlandaises opéraient en territoire thaïlandais et n'ont riposté qu'après avoir été attaquées. L'armée a souligné qu'elle « respecte le droit international et les accords bilatéraux » mais « se réserve le droit absolu de protéger la souveraineté nationale ».




